À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, l'initiative NAbSA de l'UICN souligne pourquoi les politiques climatiques doivent rattraper le leadership des femmes.

Alors que le monde célèbre la Journée mondiale de l'environnement 2026, le débat international se concentre sur le changement climatique et les signaux d'alarme que nous envoie la Terre. La campagne de cette année appelle chacun à s'engager, à aller plus loin et à contribuer à orienter un monde déjà en mouvement.

Mais l'un des signaux les plus clairs pourrait déjà provenir des communautés elles-mêmes.

Partout en Afrique, les femmes restaurent les écosystèmes, renforcent la sécurité alimentaire, protègent la biodiversité et aident les communautés à s'adapter au changement climatique. Pourtant, malgré leur rôle moteur sur le terrain, leur voix reste largement absente des politiques visant à orienter l'action climatique.

Pour coïncider avec la Journée mondiale de l'environnement, Groupe de travail sur les politiques et la gouvernance de la NAbSA a lancé un nouveau produit de narration dynamique : “ Pourquoi la politique climatique échoue sans le leadership des femmes. ”

Ce produit rassemble des données et des témoignages provenant de toute l'Afrique pour mettre en lumière une lacune critique dans la gouvernance climatique : le décalage entre les solutions fondées sur la nature (SFN) menées par les femmes et les politiques nationales destinées à soutenir l'adaptation au changement climatique et la résilience.

Dans des paysages très divers, des zones arides du Sahel aux écosystèmes de mangroves du littoral, les femmes mettent déjà en œuvre des solutions qui répondent directement aux impacts du changement climatique. Elles restaurent les terres dégradées, gèrent les forêts et les ressources halieutiques, renforcent les moyens de subsistance et animent des systèmes de gouvernance communautaire.

Pourtant, les politiques nationales en matière de climat et de biodiversité ne reflètent souvent pas leurs réalités, leurs connaissances et leurs priorités.

Ce récit soutient qu'il ne s'agit pas d'un échec du leadership féminin, mais plutôt d'une défaillance systémique qui empêche de reconnaître, de soutenir et d'institutionnaliser ce leadership au sein des processus décisionnels.

S’appuyant sur des études de cas menées au Tchad, au Sénégal, au Maroc, en Guinée, au Kenya, en Tanzanie et en Côte d’Ivoire, ce document met en lumière l’ampleur de la contribution des femmes ainsi que les obstacles qui continuent de limiter leur influence. Parmi ces obstacles figurent l’inégalité des droits fonciers, l’accès limité à l’éducation et à l’information, les normes socioculturelles, les responsabilités de soins non rémunérées et les structures de gouvernance qui dévalorisent les savoirs locaux et communautaires.

Parallèlement, ces exemples montrent ce qui devient possible lorsque les femmes accèdent aux instances décisionnelles. Qu’il s’agisse d’influencer les cadres de gouvernance foncière au Tchad, d’élaborer des plans de gestion des pêches au Sénégal ou de renforcer la gouvernance côtière en Tanzanie, les femmes contribuent déjà à améliorer la situation en matière de climat et de biodiversité là où l’occasion se présente.

Lancée lors d'une journée dédiée à l'action environnementale, cette initiative porte un message fort : lutter contre le changement climatique exige bien plus que des objectifs et des investissements ambitieux. Il est essentiel d'écouter celles et ceux qui sont déjà à l'œuvre pour trouver des solutions.

Ce document préconise des efforts accrus pour garantir les droits des femmes sur les ressources, institutionnaliser leur représentation dans les structures de gouvernance, renforcer leur capacité à participer aux politiques publiques et créer des mécanismes formels reliant les connaissances locales aux processus de planification nationaux.

Développé par Alinea International, la Banque canadienne de céréales vivrières, Farm Radio International, l'Institut international du développement durable (IIDD), Mission Inclusion, SOCODEVI et UPA-DI Développement International par l'intermédiaire du groupe de travail sur les politiques et la gouvernance de la NAbSA, ce produit narratif reflète un effort de collaboration visant à transformer les leçons tirées du terrain en perspectives politiques concrètes.

Face à l'intensification des impacts climatiques, le message est clair : si la politique climatique ne reconnaît pas et ne soutient pas le leadership des femmes, elle risque de passer à côté de certaines des solutions d'adaptation les plus efficaces déjà mises en œuvre.

En cette Journée mondiale de l'environnement, alors que le monde réfléchit aux signaux qu'il enverra en réponse au changement climatique, ce produit nous rappelle avec force que l'avenir de la résilience climatique dépend de la capacité à faire entendre la voix de ceux qui sont déjà à la pointe du changement.

Le produit de narration est disponible en AnglaisFrançais, et Espagnol.

À propos de NAbSA

Coordonné par l’UICN, le Programme national de solutions fondées sur la nature (PNSF) s’inscrit dans le cadre de l’initiative Partenariats pour le climat (P4C) d’Affaires mondiales Canada. De concert avec d’autres projets P4C et le Programme canadien pour une nature positive, il vise à promouvoir les solutions fondées sur la nature pour l’adaptation aux changements climatiques, en soutenant la résilience, la conservation de la biodiversité et le développement durable.

Retour en haut